L'âge des low tech

Couverture du livre L'âge des low tech

Je viens de terminer le lire L'âge des low tech de Philippe Bihouix et le moins que je puisse dire est que cet ouvrage fait et m'a fait vraiment réfléchir. Comme le suggèrent son titre et son sous-titre Vers une civilisation techniquement soutenable, ce livre traite de la manière totalement insoutenable et même insensée dont nous exploitons les ressources de notre planète et face à cela, comment, contrairement à la tendance actuelle axée vers le high tech, une société à base de systèmes basses technologies (les low tech) pourraient nous permettre de sortir de cette impasse.

L'idée générale n'est pas de revenir à la bougie mais plutôt de viser la sobriété et de choisir à quoi nous pouvons renoncer maintenant plutôt que de subir ces contraintes plus tard, parce que oui, un jour ou l'autre ce monde de croissance (même verte) finira par se heurter à la finitude de la planète. Par exemple, l'auteur évoque les voitures actuelles qui sont alourdies pour permettre de rouler à des vitesses largement supérieures aux limitations ou se demande pourquoi tout le verre n'est pas blanc, de manière à simplifier et améliorer l'efficacité du recyclage. Il évoque également certaines habitudes et certains blocages culturels notamment sur la gestion de nos déchets corporels; oui je parle ici du pipi et du caca qui constituera bientôt notre seul réserve de phosphore. À ce sujet, je ne résiste pas à l'envie de citer le passage suivant :

Les fleurs coupées ne concernent pas, d’ailleurs, que les rites amoureux. Je me prends à rêver d’un monde dans lequel, en arrivant chez des amis, au lieu d’apporter un bouquet virtuellement parfumé au kérosène, on proposera à la maîtresse de maison d’aller uriner dans le jardin potager pour rendre quelques nutriments à la terre et augmenter sa production légumière à venir…

Ce livre ne parle pas que d'écologie, l'auteur aborde aussi l'impact social de notre mode de vie et propose par la suite une autre société à base de low tech :

Quant à nous, nous sommes devenus des consommateurs « tyrans », nous voulons la qualité, l’efficacité, la réactivité, la disponibilité, la vitesse, la serviabilité, partout et tout le temps, et tout cela à des prix les plus bas possibles. Mais nous oublions que, au niveau sociétal, ce que nous exigeons comme consommateurs nous impacte comme producteurs. [...] mais ce que nous y avons laissé en contrepartie est visible dans les délocalisations, le chômage et toutes les études sur le mal-être au travail…

Bref, comme je le disais en introduction, cet ouvrage m'a fait réfléchir et d'autant plus que de part mon métier et par passion aussi, je baigne dans la technologie. Même je me considère plutôt moins technophile que certains collègues et amis, oui j'ai lu ce livre sur ma liseuse et oui je tape ce billet sur mon ordinateur portable en écoutant une playlist sur Spotify avec mon smartphone entre deux parties de PlayStation.

Néanmoins, comme le rappelle l'auteur :

Partout, quand c’est possible, à toutes les échelles territoriales, à la maison, au travail, en famille, pour les loisirs, ralentissons, simplifions, débranchons, réduisons. [...] Préférons les activités productives, les choses concrètes, la terre, la pierre, les plaisirs simples.

Et c'est ce que je vais essayer de faire encore plus à l'avenir.